- L’autrice de Mes forêts se focalise sur le caractère passager de la nature. La faune, la flore et la minéralité tiennent une place considérable dans ce recueil puisqu’ils sont les points de départ et d’arrivée de toutes les émotions traversées par le « je ».
- Le recueil met en évidence l’alchimie possible entre la « vie » humaine et la « sève » des arbres, comme s’ils communiquaient la même énergie (on peut parler ici de lyrisme).
- Mes forêts s’inscrit aussi dans la tradition d’une écriture féminine du vingtième siècle qui s’attache à dire le sensible et le charnel. Sans être une militante féministe, l’autrice de Mes forêts tient à montrer la parenté entre ses propres textes et le travail d’autres autrices contemporaines (chaque partie du recueil débute par une épigraphe d’une artiste différente).
- On peut affirmer que Mes forêts est une œuvre tissée :
notamment parce qu’elle prend la peine de faire se chevaucher entre elles différentes dimensions du temps et de l’espace. Pour le lecteur, il faut parvenir à circuler dans un enchevêtrement de signes ;
le fouillis de la nature permet de faire surgir une autre dimension de l’espace. Le « moi » est prétexte à la découverte de la nature autant que la nature est prétexte à la découverte du « moi ». Les deux se répondent ;
le temps révolu et celui à venir sont étroitement mêlés. D’où venons-nous et quel sera le monde de demain ? Voilà la question qui semble traverser l’ensemble des poèmes. La structure du recueil peut nous en convaincre.
- Le recueil est construit de manière cyclique :
chaque partie commence par une épigraphe et par une sorte de prologue commençant par « Mes forêts » ;
tous ces extraits mis bout à bout forment un seul et même poème sur l’ensemble du recueil ;
un autre poème, débutant à nouveau par « Mes forêts », sert d’épilogue puisqu’il clôt l’ensemble.
- En appui de cette construction cyclique, certaines étapes se répondent, comme les trois qui structurent la quatrième partie : « Avant l’aube », « Avant l’horizon », « Avant la nuit ».
- La composition de Mes forêts est très travaillée, tant sur le plan thématique que sur le plan de la structure globale. Mais si tous les sujets s’entrecroisent, ce n’est pas pour autant qu’ils se démultiplient. Ce sont surtout les questions de l’écoulement du temps, de la vitalité, de l’espace naturel et de la destinée humaine qui reviennent en boucle, comme une rengaine.